je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part.
 
Il est
sept heures.. J’avale mon petit déjeuner sans même prendre le temps de le
savourer, prépare à la va vite de quoi faire un casse croûte ce midi, attrape
mes bagages déposés à côté de la table et,le visage rayonnant de bonheur, je
grimpe dans ma vieille golf. Un petit moment d’hésitation, ai-je bien éteint la
machine à café… ai-je bien fermé à clef, et je démarre une chanson aux lèvres,
CETTE chanson, si souvent chantée par ma grand-mère, « toi ma p’tite
folie, mon p’tit grain de fantaisie, toi qui bouleverse, toi qui renverse, tout
ce qui était ma vie ». Je prends l’autoroute. Auxerre 266 km. 266
kilomètres à faire avant de me retrouver sur cette route qui mène à Andryes,
village de mes ancêtres sur plusieurs générations. Village de même pas 300
habitants, la campagne quoi. La campagne où les coqs chantent encore et où seul
le bruit des tracteurs trouble un silence paisible. Et surtout et par-dessus
tout  village où mémé et pépé ont cette
petite maison, construite par mon arrière-arrière grand-père ; cette
petite maison  qui leur permet
régulièrement de s’évader de leur vie parisienne. Je les vois comme si j’y étais
déjà… tous les deux sur le perron le visage chaleureux et souriant.
Je
mets la radio mais « toi ma p’tite folie » continue à me trotter dans
la tête…Les kilomètres défilent… Neufchâteau… je n’ai fait que 66
kilomètres ! Il me tarde d’arriver.. Je me garerai sur le petit bout de
place juste devant la grille d’entrée, je les verrai, car bien sur ils
m’attendraient. Sans prendre le temps de refermer la voiture, je grimperai à
toute allure les quelques marches du perron pour leur sauter au cou…L’émotion m’étreint
et je fais un gros effort pour me concentrer sur la route…à la radio un tube
débile et toujours cette chanson qui me trotte dans la tête
Kilomètre
après kilomètre je pense à eux, mes grands parents. Je les aime. Ils m’ont tant
manqué. Chaumont. Je vois déjà le sourire complice de pépé qui va me demander
« alors, as-tu fait bonne route ma petite fille « tandis que mémé va
me dire, le repas est prêt. Mémé est la reine de la cuisine. Ses blanquettes
sont un véritable poème. Mais rien n’égale ses soupes faites maison. Et à
Andryes les soupes au cresson rivalisent avec les soupes à l’Oseille. Un
régal ! J’en ai l’eau à la bouche
Auxerre !
L’émotion me submerge et j’ouvre grand les yeux. Ma golf docile traverse le
pont duquel on voit la cathédrale avant de tourner à gauche pour monter
direction de l’hôpital pour ensuite m’engager sur cette  nationale 
que je connais par cœur.
Gy-l’Eveque.
C’est ici qu’en compagnie d’une copine j’avais fait du stop, sans savoir que le
conducteur de la voiture dans laquelle nous étions montées était un ami de mémé
et pépé.. Je me souviens encore maintenant de ma honte quand je me suis aperçue
qu’ils étaient au courant et de mon soulagement quand j’ai vu sur le visage de
pépé SON sourire gentil un tantinet ironique et que mémé m’a simplement dit,
« ne le refais plus » sans autre forme de procès.
Coulanges-sur
Yonne. Plus que 4 kilomètres. Mes yeux sont des soucoupes. J’ai traversé
Coulanges et je me retrouve sur la route qui descend vers Andryes. Je pense à
la petite chambre sous les toits dans laquelle se trouve MON lit. De la lucarne
je peux voir les poules en liberté et l’église qui se trouve juste à côté en
hauteur. Je sens l’odeur du pain grillé des petits déjeuners. J’entends déjà
mémé me rappeler de ne pas prendre de bain trop rempli, car le chauffe eau….et
pépé me demander comment vont les enfants.
Andryes.
J’y suis, j’y suis… L’arbre de la liberté, le petit « grand pont »,
au pas je traverse Andryes et la voilà, la maison, leur maison, ma maison. Mon
cœur fait un bond et se serre, une femme en sort sans me voir, sans me regarder
et au lieu de ma garer sur le petit bout de terrain devant la grille, je fais
le tour , je gare ma golf derrière et monte vers l’église…
Arrivée
en haut, je jette un regard sur la campagne et, lentement,  les yeux fixés sur la petite maison de mes
ancêtres, je mange mon casse croûte. Puis, les yeux remplis de larmes,  je me dirige vers le cimetière où mémé et
pépé reposent l’un à côté de l’autre…

A propos Neryanne

je suis très timide, mais passionnée et sans peurs quand il s'agit de ceux qui sont dans ma vie et de ceux que j'aime jusqu'à mon dernier souffle je les aimerai et soutiendrait
Cette entrée a été publiée dans Non classé. Ajouter aux Favoris le permalien.

2 réponses à je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

  1. Pierre dit :

    jolie j\’aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s