divagations en écoutant “les mots qu’on n’a pas dits”

LES MOTS qu’on n’a pas dit ‘Yves Duteil)

“Dans le fond des tiroirs y a des chansons qui dorment
Et des mots que jamais on n’a dits à personne
Qui auraient pu changer le cours d’une existence
Mais qui ont préféré rester dans le silence”

Je regarde par la fenêtre ce paysage qui défile et qui m’est tellement familier. S’il fallait dénombrer les fois où je l’ai regardé sans le voir vraiment, j’en serai bien incapable.
Il y a eu les innombrables fois des mes trajets en train pour la fac, Allemagne-France aller et retour.
Il y a eu ces trajets du WE Allemagne-France où j’emmenais au train le futur père de mes enfants qui repartait pour Paris
Il y a eu, quand nous avons déménagé pour la France, ces trajets inverses pour rendre visite à mes parents, mes frères, ma sœur, restés en Allemagne
Il y a eu ces trajets, seule avec nos enfants après mon divorce
ET, un jour, interruption totale… la porte avait été claquée de part et d’autres. Pas un mot qui aurait pu expliquer, qui aurait pu adoucir, qui aurait pu demander ou accorder le pardon.. rien que le vide et le silence et cette route que je ne faisais plus
………………………

“Des phrases emprisonnées dans des yeux qui s’appellent
Et que pas un baiser ne referme ou ne scelle
Jamais tous ces mots-là ne sombrent dans l’oubli
Ils se changent en regrets, en souvenirs transis”

Mes quatre sont avec moi dans la voiture, dans l’ordre deux garçons et deux filles…chacun 3 ans de différence avec le suivant
C’est mon fils de 30 ans, l’aîné des garçons, qui conduit et moi je regarde la route et les souvenirs défiler devant mes yeux. Je me souviens de ces trajets alors que leur père conduisait et il me manque soudainement. Lui ai-je jamais dit à quel point il me manquait parfois ? Lui ai-je jamais dit dans toute cette violence qui était devenu la sienne à quel point j’avais mal à notre amour encore présent ? Tant d’années après, la désespérance de ses yeux me hante encore, cette désespérance quand je lui ai annoncé que j’emmenais nos 4 loin de lui, pour les préserver de cette violence devenue quotidienne … les préserver et me préserver. 26 ans et 4 enfants après notre « oui » dans cette petite église, nous nous sommes quittés sans un mot concernant le nous que nous n’étions déjà plus.
Je me retourne et je regarde tour à tour mes enfants, nos enfants. L’aîné de mes enfants est concentré sur sa conduite. L’aînée de mes filles, ma courageuse, me sourit doucement. Le plus jeune de mes fils évite mon regard. Et la plus jeune de mes filles, dort de ce sommeil artificiel qui est si souvent devenu le sien ces temps ci et sans doute même avant et qui me brise tant le cœur.
L’un des trois autres, alerté par mon regard lourd le lui fait remarquer et elle met le capuchon de son pull sur son visage. Comme si le fait de ne plus nous voir allait nous empêcher, nous, de la voir .Et c’est ainsi que nous continuons la route, en silence, vers le petit cimetière en Sarre où papa, mon père à moi, repose depuis peu.
………………………………

“Mais les cendres du feu des mots qu’on n’a pas dits
Jamais ne sont vraiment éteintes ou refroidies
Elles se consument encore au cœur de nos mémoires
En réchauffant nos nuits d’une lueur d’espoir
Comme du temps qui dort
Au fond du sablier
Mais que l’on garde encore
Pour ne pas l’oublier”

Depuis la rupture, cette porte claquée violemment, aucun de mes enfants n’avait revu son grand-père. Jamais nous n’en avons parlé, ni avant le procès, ni après .
Parler de la souffrance qu’avait été pour moi la perte de mes parents encore vivants, aurait signifié ne pas prendre leur parti à eux, mes enfants, et surtout à elle, ma plus jeune et plus meurtrie, c’est tout au moins ce dont je m’étais persuadée.
Et eux ? En avaient ils soufferts ? Oui, certainement. En souffraient ils encore ? Oui, sans doute.
Toute cette affection d’avant n’était elle pas quelque part encore dans nos cœurs, le remplissant de tristesse ou de colère selon le caractère de l’un ou de l’autre ?
Et papa, à quel point avait il souffert de ne plus me voir, de ne plus voir ses petits-enfants dont il avait été si fier lors de leur naissance ? Ou bien est ce que cette souffrance douloureuse de savoir en prison son fils, mon frère et oncle-parrain de ma dernière née, cette souffrance douloureuse avait elle fait oublier tout le reste ? Je ne le saurai jamais
Mes souvenirs se bousculent. Après ce long moment à ne pas refaire cette route et une fois mon frère sorti de prison, maman m’avait fait signe. Et c’est ainsi que le cœur battant, j’avais repris la voiture et m’était retrouvée en face d’eux. Il m’a été donné de les voir quelques fois avant l’AVC de papa. Champagne et paroles coulant à flots, en même temps que le plomb de lourds silences telles avaient été nos retrouvailles faussées. Pas une seule fois, pas une seule, ne fut évoqué le drame de ma plus jeune qui a fait notre drame à tous. Ni lui, ni elle ma mère, ni moi, n’avons ces jours là montré cette souffrance qui avait été la notre.
Dans cette voiture en route vers le petit cimetière, je pense à tous les mots que n’avait pas non plus dit ma plus jeune toujours cachée sous le capuchon de son pull et qu’elle ne dira sans doute jamais. Et mon cœur se tord de désespoir de n’avoir pas su les provoquer
………………………….

“La nuit dans les miroirs y a des mots qui s’allument
Et qui refont parfois la gloire ou la fortune
Avec tous les regards qu’on n’a pas su saisir
Et les amours fanées qui semblent refleurir”

Nous sommes presque arrivés…..
Je revois mon père sur son lit d’hôpital, paralysé de tout un côté et ne parlant plus…
Je revois ses larmes mais aussi son sourire..
Etrange et bizarre ironie de la vie… c’est alors que son AVC l’avait privé de sa voix, qu’il a pu, su, de ses yeux, me poser les quelques questions qui importaient encore. Clairement il voulait savoir si je l’avais aimé, si je lui avais pardonné … et c’est ma réponse qui a fait naître sur son visage ce sourire si merveilleux et que jamais je ne pourrai oublier.
L’espace d’un court moment qui me sembla éternité j’ai revu mon enfance et ma jeunesse auprès de lui et de maman… je me suis revue à son bras rentrer dans la petite église de mon mariage et je l’ai revu portant mes enfants. L’espace d’un moment je me suis sentie sa fille, la fille de mes parents, comme avant la rupture
………………………………..

“Alors dans les miroirs y a des mots qui résonnent
Comme un destin tout neuf qui ne sert à personne
Et l’on caresse encore les espoirs de bonheurs
Qui ressemblent aux prénoms que l’on connaît par cœur”

Je l’ai revu encore deux fois et il est mort.
Et me voilà dans cette voiture, me rendant sur sa tombe avec un grand vide… car j’ai tout perdu… La famille n’a pas du tout été réparée, tout est comme avant, ou presque. Mes enfants ne verront pas ma mère, ils ne diront pas si leur grand père leur manque ou pas et, moi, je me garderai bien de le leur demander. Tout est là, tout le monde sauf lui, est encore là, mais c’est comme un miroir que l’on a brisé et dans lequel on ne voit plus rien en entier, dans lequel on ne voit que des petits bouts de ce qui, jadis, fut un tout,.
Ma plus jeune est toujours cachée sous son capuchon, et je n’ose toujours pas lui parler de ma souffrance de la voir ainsi. Et je laisse le silence continuer à s’installer.
Personne ne parle plus depuis longtemps, dans cette voiture comme dans la vie.. Nous avons laissé passer la chance, le moment où nous aurions pu dire que nous nous aimions et que nous avions peur, pour nous, pour elle.
Nous sommes arrivés au cimetière et c’est en silence que nous descendons de la voiture.

……………………..

“Aux lettres enrubannées que l’on n’a pas reçues
Mais qu’on relit cent fois pourtant la nuit venue
A tous ces mots d’amour restés dans l’encrier
Mais qu’on n’a plus personne à qui pouvoir crier

Dans le fond des tiroirs y a des larmes qui sèchent
Un portrait du passé qui s’écorne ou s’ébrèche
Et la vie doucement referme de ses plis
Ces chemins qui s’ouvraient mais qu’on n’a pas suivis.”

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tombée en amour………..

La musique fait partie intégrante de ma vie, d’ailleurs je ne saurai vivre sans. Pas toutes les musiques, non, il y en a qui ne me disent rien, celles qui me laissent dans une indifférence totale et celles que j’évite car elles m’hérissent.

Mais il y a celles qui me parlent, qui me bercent, qui m’apaisent, qui me font rire, pleurer, sourire, aimer. Celles là je les ai autour de moi, partout, chez moi, au rez de chaussée, au premier, dans ma voiture, dans mon lecteur quand je vais nager….elles m’accompagnent quand je vais bien, elles m’accompagnent quand je vais mal, elles m’accompagnent quand  je suis très heureuse, ou simplement joyeuse. En fait,  elles m’accompagnent dans les pires et les meilleurs moments de ma vie

Avant hier était un jour sans…. un de ces jours où on se traîne sans trouver l’élan pour faire quoi que ce soit. Un de ces jours où on se dit que l’énergie de vie vous a quitté pour toujours…….Et le miracle est venu du mail d’un ami, qui m’envoyait un pps avec des dictons, des citations très positives et des clowns plus beaux et plus tristes les uns que les autres. Et une musique, une musique qui avant toutes choses m’a fait vibrer, je l’ai écoutée encore et encore. Je ne comprenais pas le texte, il n’était pas en allemand, mais s’en rapprochait et j’entendais toujours le mot “clown”…..dans cette musique il y avait toute ma tristesse mais aussi tout mon espoir... enfin c’est ce que j’ai ressenti en l’écoutant. Cette musique j’en suis tombée amoureuse…..

Hélas ni le nom de la chanson, ni le nom de l’interprète et encore moins le nom du compositeur ne se trouvaient sur le pps

Je me suis adressée à un autre ami, allemand, qui, deuxième miracle, a trouvé que le chanteur hollandais était Ben Cramer

Puis on a trouvé que l’auteur de cette musique qui aura tout changé pour moi en quelques minutes était Georges Châtelain. J’ai trouvé son blog, je lui ai écrit et il m’a répondu, troisième miracle, car du coup j’ai découvert ses autres musiques, toutes me parlant au coeur, toutes m’apaisant . Je suis tombée en amour des musiques de Georges Châtelain. Merci Georges

La première que j’avais entendue “de clown” chantée par Ben Cramer, il en existait une version française écrite par Georges Châtelain pour Pascal Danel en 1973: “allez vient on danse”

Non seulement c’est merveilleusement beau, cette musique, mais en plus Georges Châtelain m’a répondu!!!!En fait, la personne humaine est comme ses musiques, ou plutôt ses musiques racontent ce qu’il est

..Il y a un très beau disque de lui, de la musique, “Elves Stories”…. l’émotion et l’émotion quand on l’écoute

MERCI Georges pour ce bonheur que tu as mis dans ma vie avec TA musique

JE voudrai partager un peu de ce bonheur, faire connaître pour celles et ceux qui ne connaissent pas… alors quelques suggestions

Les dessins sur sable d’Ilana Yahav avec la musique de G Châtelain ‘Children’s dream”‘ à écouter en prenant son tempshttp://www.youtube.com/watch?v=dEgSoTCgvgA&feature=player_embedded

“con la guerre” qui vous griffe le coeur, beau texte d’Alemane, superbes et émouvantes photos et cette musique, cette musique de Georges Châtelain qui vous mets à genoux
“de clown” chanté  en hollandais par Ben Cramer pour que ce soit cette musique qui vous parle, plus encore que le très beau texte
Enjoy, prenez le temps et racontez moi…………….
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Madeleine écrit à son fils Raymond

Madeleine est ma grand-mère, Raymond est mon père.
Ils ne sont plus
Je ne les oublierai jamais
XXXXXXXXXXXXXXX

Madeleine écrit à son fils Raymond

Choisy-le-Roi, le 20 mars
1985

Mon fils, Raymond

Je suis contente, aujourd’hui est un jour
où je suis contente. Je n’ai pas eu à demander à…à… tu sais bien, celle qui
vient me donner à manger, comment tu t’appelles. D’ailleurs, comment qu’elle le
saurait, elle ne te connaît même pas. Les autres qui font les choses à ma place
ne te connaissent pas non plus. Là où je vis, personne ne vous connaît, ton père
et toi. Parfois j’ai envie de pleurer parce que je n’ai personne avec qui parler
de vous deux. Si, si, bien sur on m’écoute, mais à quoi bon, elles ne savent
pas, elles ne savent rien. Et quand elles me parlent d’elles, c’est moi qui ne
comprends rien. Internet, téléphone sans fil, développement durable…. Et d
autres. Que des noms qui me donnent envie de pleurer parce, figure toi, ça ne
veut rien dire ces mots là..

Tu te souviens ? Tu te souviens des jours
où je préparai le poisson que ton père et toi aviez pêché? C’était à Andryes.
Tiens, c’est drôle, je me souviens du nom et même de la maison. Alors que pour
l’en tête j’ai mis Choisy-le Roi, et que je sais bien que je n’y habite plus
depuis.. depuis… depuis longtemps. Mais pour savoir où j’habite maintenant, ça…
j’ai beau faire, ça ne me revient pas. Parfois je me réveille et je laisse mes
yeux tout longtemps fermés et on dirait que je suis à Choisy et que Robert fait
toaster le pain. Et je suis heureuse, tellement heureuse !!! Mais ça ne dure
jamais, elle, celle qui vient me laver, entre et crie très fort « bonjour Madame
B..!». Et je suis à nouveau triste. Parce qu’elle crie comme si j’étais
sourde. Parce que c’est pas Robert. Parce que j’aurai pas de pain
toasté.

Où il est Robert ? Où il est ton père ? Pourquoi que je ne le
vois plus ? Je sais, je sais, il est soldat. Et toi aussi. Je sais. J’ai un peu
peur. Mais moins que toute à l’heure. Vous reviendrez bien, dis, vous allez
revenir ?

Tu te souviens Raymond quand je t’emmenais au cinéma ? Je m’en
souviens, moi, comme si c’était hier. Ces souvenirs là je m’en souviens,
pourtant parfois je voudrai bien ne pas me souvenir, des fois ça fait trop mal.
Je ne comprends pas bien pourquoi tout est changé, ni où tu es, ni où est ton
père…. C’est quand même drôle, la guerre je croyais qu’elle était terminée,
alors pourquoi vous êtes soldats ?

Ne soit pas fâché pour la date de
cette lettre j’ai mis n’importe quoi, car là, pas fichue de savoir le jour que
nous sommes et encore moins l’année. Ça me fait peur de plus savoir quand on est
! Vu le temps dehors, je me suis dit qu’on était peut être en mars, tu sais…
mars qui en secret prépare le printemps.. Combien de fois je te l’ai faite
réciter celle là de poésie. Et maintenant je ne sers plus à rien. Je ne sais
plus rien faire toute seule, tu ne peux pas savoir comme ça me donne envie de
pleurer. Je ne peux même pas t’écrire tout seule. C’est ….celle qui tous les
jours vient me laver (je ne sais plus son nom) qui écrit à ma place. Ce qui fait
que je peux pas te dire ce que je veux. Tu comprends, y a des choses qu’on peut
que dire soi même et des choses qu’on peut pas faire dire par quelqu’un
d’autre.

Hier Jacqueline est venue me rendre visite. Je l’ai bien
reconnue, ça oui. Qu’est ce qu’elle peut m’énerver à dire qu’elle est Annemarie,
ma petite fille. Pour quoi elle dit ça ? Je la reconnais bien, elle ressemble à
sa mère Jeanne, tu sais Jeanne ma sœur , tu sais bien je suis fâchée avec elle
depuis longtemps. C’est peut être pour ça qu’elle veut me faire croire qu’elle
est pas Jacqueline . Ma petite fille !!!, je suis sure que tu ris aussi, comme
moi maintenant. Tu n’es même pas marié. Tu n’as que 18 ans… Tu as bien 18 ans
???

Non, tu n’as pas 18 ans. Tu es vieux. Suzanne qui écrit cette lettre
pour moi, (elle vient de me dire son nom) me dit que tu as 4 enfants.. Elle me
dit que c’est bien Annemarie qui vient me voir tous les jours. Mais toi, tu es
où, dis, tu es où ? Tu n’es donc pas à la guerre ? Mais non, tu n’es pas à la
guerre, puisque tu es vieux. Alors ton père, lui, il est où ? Suzanne me dit
qu’il est mort. MORT !! C’est pas possible ! Mort.

S’il te plaît vient,
vient … ça s’appelle Rosières aux Salines m’a dit Suzanne et c’est une maison
pour les gens comme moi, qui ne se souviennent plus, m’a dit
Suzanne.

Vient, je suis toute seule, je sais pas à qui parler et je sais
pas de quoi parler. Tu m’emmènerai avec toi, je ne suis pas bien lourde, je ne
prends pas beaucoup de place et je ne serai pas longue parce que sans Robert, ma
vie elle vaut pas bien la peine et ici elle vaut pas la peine du tout

Ta
maman

Madeleine

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je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part.
 
Il est
sept heures.. J’avale mon petit déjeuner sans même prendre le temps de le
savourer, prépare à la va vite de quoi faire un casse croûte ce midi, attrape
mes bagages déposés à côté de la table et,le visage rayonnant de bonheur, je
grimpe dans ma vieille golf. Un petit moment d’hésitation, ai-je bien éteint la
machine à café… ai-je bien fermé à clef, et je démarre une chanson aux lèvres,
CETTE chanson, si souvent chantée par ma grand-mère, « toi ma p’tite
folie, mon p’tit grain de fantaisie, toi qui bouleverse, toi qui renverse, tout
ce qui était ma vie ». Je prends l’autoroute. Auxerre 266 km. 266
kilomètres à faire avant de me retrouver sur cette route qui mène à Andryes,
village de mes ancêtres sur plusieurs générations. Village de même pas 300
habitants, la campagne quoi. La campagne où les coqs chantent encore et où seul
le bruit des tracteurs trouble un silence paisible. Et surtout et par-dessus
tout  village où mémé et pépé ont cette
petite maison, construite par mon arrière-arrière grand-père ; cette
petite maison  qui leur permet
régulièrement de s’évader de leur vie parisienne. Je les vois comme si j’y étais
déjà… tous les deux sur le perron le visage chaleureux et souriant.
Je
mets la radio mais « toi ma p’tite folie » continue à me trotter dans
la tête…Les kilomètres défilent… Neufchâteau… je n’ai fait que 66
kilomètres ! Il me tarde d’arriver.. Je me garerai sur le petit bout de
place juste devant la grille d’entrée, je les verrai, car bien sur ils
m’attendraient. Sans prendre le temps de refermer la voiture, je grimperai à
toute allure les quelques marches du perron pour leur sauter au cou…L’émotion m’étreint
et je fais un gros effort pour me concentrer sur la route…à la radio un tube
débile et toujours cette chanson qui me trotte dans la tête
Kilomètre
après kilomètre je pense à eux, mes grands parents. Je les aime. Ils m’ont tant
manqué. Chaumont. Je vois déjà le sourire complice de pépé qui va me demander
« alors, as-tu fait bonne route ma petite fille « tandis que mémé va
me dire, le repas est prêt. Mémé est la reine de la cuisine. Ses blanquettes
sont un véritable poème. Mais rien n’égale ses soupes faites maison. Et à
Andryes les soupes au cresson rivalisent avec les soupes à l’Oseille. Un
régal ! J’en ai l’eau à la bouche
Auxerre !
L’émotion me submerge et j’ouvre grand les yeux. Ma golf docile traverse le
pont duquel on voit la cathédrale avant de tourner à gauche pour monter
direction de l’hôpital pour ensuite m’engager sur cette  nationale 
que je connais par cœur.
Gy-l’Eveque.
C’est ici qu’en compagnie d’une copine j’avais fait du stop, sans savoir que le
conducteur de la voiture dans laquelle nous étions montées était un ami de mémé
et pépé.. Je me souviens encore maintenant de ma honte quand je me suis aperçue
qu’ils étaient au courant et de mon soulagement quand j’ai vu sur le visage de
pépé SON sourire gentil un tantinet ironique et que mémé m’a simplement dit,
« ne le refais plus » sans autre forme de procès.
Coulanges-sur
Yonne. Plus que 4 kilomètres. Mes yeux sont des soucoupes. J’ai traversé
Coulanges et je me retrouve sur la route qui descend vers Andryes. Je pense à
la petite chambre sous les toits dans laquelle se trouve MON lit. De la lucarne
je peux voir les poules en liberté et l’église qui se trouve juste à côté en
hauteur. Je sens l’odeur du pain grillé des petits déjeuners. J’entends déjà
mémé me rappeler de ne pas prendre de bain trop rempli, car le chauffe eau….et
pépé me demander comment vont les enfants.
Andryes.
J’y suis, j’y suis… L’arbre de la liberté, le petit « grand pont »,
au pas je traverse Andryes et la voilà, la maison, leur maison, ma maison. Mon
cœur fait un bond et se serre, une femme en sort sans me voir, sans me regarder
et au lieu de ma garer sur le petit bout de terrain devant la grille, je fais
le tour , je gare ma golf derrière et monte vers l’église…
Arrivée
en haut, je jette un regard sur la campagne et, lentement,  les yeux fixés sur la petite maison de mes
ancêtres, je mange mon casse croûte. Puis, les yeux remplis de larmes,  je me dirige vers le cimetière où mémé et
pépé reposent l’un à côté de l’autre…

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sa vie dans sa terreur

Sa vie dans sa terreur

  La terreur de sa nuit
l’avait prise de vitesse et semblait vouloir durer à l’infini.. Oppressée de
tristesse elle se terrait dans sa maison très secrète.. Tout encore aurait pu s’arranger.
Mais, hélas, le bruit était devenu calamité et sa souffrance éternité. Comme
une nuit trop noire, l’angoisse la rendait aveugle. D’un côté l’ignominie de la
trahison de ceux dont elle avait cru qu’ils l’aimaient et de l’autre la joie
des bulles festives lors de leur présence apparente.. Seul son canapé si enveloppant
lui apportait un peu consolation et lumière.. L’amitié trahison de ses
proches, avait fait disparaître le champagne de la fête.. Son jardin hier si
chatoyant n’était plus que froid et glace. Sa vie de solitude se passait en
cachette, derrière ses volets.. Et son chez soi, hier si rassurant, n’était
plus que surprise et désastre.
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à toi

Ma fille

Fille de mon
cœur

Fille dans mon coeur

Fille dernière
née

Pourtant plus que tout
désirée

Tes boucles
enfantines

Mon cœur
égratignent.

Tes cheveux dans leur
blondeur

De ta vie dissimulent
la terreur

Et tes sourires
poignants

De ta vie taisent les
tourments….

Annemarie

 

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Discussion sur YouTube – Emily Loizeau – I’m alive

 

Citer Papa cette chanson, c’est pour toi

YouTube – Emily Loizeau – I’m alive
 

 

In each little thing I do
I can find a piece of you
In each twist of time
In each twist of mind
That I find to think of you
I’m alive
It’s so strange to be alive

When I go to sleep at night
And I’m scared and there’s no light
And I know one day
I’ll be in my grave
When I think that I’ll lose you
I’m alive
It’s so strange to be alive

Could we stay aroud
Like a big blue sea
That has been around
For some billions centuries
‘Cause I think I could do
With a trip with you
On The Big Blue Sea
For some billions centuries

It might take me two thousand years
Not to sing this song in tears
‘Cause I feel so small
In this big black hole
And you’re the one that makes me feel
I’m alive
It’s so strange to be alive

Could we stay aroud
Like a big blue sea
That has been around
For some billions centuries
‘Cause I think I could do
With a trip with you
On The Big Blue Sea
For some billions centuries

But her daddy now is dead
And she wishes that she’d said
All these loving words
‘Cause they only hurt
Now she knows that it’s too late
And she’s alive
It’s so strange to be alive

Could we stay aroud
Like a big blue sea
That has been around
For some billions centuries
‘Cause I think I could do
With a trip with you
On The Big Blue Sea
For some billions centuries

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